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ALLEZ COURAGE... LAISSE TOMBER !

Qu'est-ce qu'on se souhaite pour 2021 ? Mes vœux n'incluront ni "réussite", ni "défis à relever".

Cette année, je souhaite simplement à chacun⸱e de détecter les moments où c'en est assez ; et d'oser dire "stop"... avant d'être trop abîmé⸱e !



Allez vas-y, fuis !


Une amie me confiait il y a plusieurs mois l'histoire de sa maman :

Il y a quinze ans, maman est médecin. Elle aime son métier : recevoir les patients, écouter leurs maux, les examiner et accompagner leur guérison. Elle se nourrit de la relation passionnelle qui la lie à sa profession même si malheureusement cette union harmonieuse ne suffit pas à chasser ses compagnons de route trop fidèles, Anxiété et Dépression.

Il y a quinze ans, on propose à maman un poste de chef de service. C'est ce qu'on appelle une offre "qui ne se refuse pas" : accepter ce poste, c’est faire reconnaître un haut niveau de compétences, gravir la fameuse "échelle sociale". C’est aussi réaliser le rêve de ses propres parents, qui peinaient à subvenir à leurs besoins.

Mais accepter ce poste, c’était aussi dire adieu à la proximité avec les patients, c’était embrasser une carrière tournée vers l’administratif et la direction d’équipes. C’était s’éloigner des raisons premières qui lui avaient fait aimer ce qu’elle faisait, et en prime s'ajouter encore plus de stress et de pression.
Maman a renoncé à l'offre qu'on lui proposait. Et moi j'ai trouvé ça très courageux, car il faut du courage pour choisir son propre chemin plutôt que de suivre la voie qui susciterait plus de reconnaissance sociale.

Etre courageux, parfois, c'est savoir laisser tomber


Il est des situations où, attiré⸱e⸱s par les émanations d'idéaux projetés par la société (du "super parent", de l'employé modèle, de l'homme ou de la femme parfaite...), on finit par s'enivrer de ces images, à tel point qu'on en néglige les répercussions indésirables. Happé⸱e⸱s par les effluves d'une certaine norme à satisfaire, on persiste dans une quête de reconnaissance sans fin, et on ignore les suées qui nous traversent.


Les effets euphorisants de cette course cohabitent avec des vertiges causés tantôt par l'énergie qu'on y consacre, tantôt par le sentiment de ne pas être à la hauteur, si bien qu'on développe petit à petit une tolérance à ces tremblements qui deviennent partie intégrante de notre quotidien.


On cherche à prouver, à se prouver. On ne veut surtout pas "abandonner", on ne veut surtout pas "s'abandonner" à une vie plus simple.

D'aucuns argueraient donc que faire le choix de "laisser tomber", c'est céder à la peur. J'avance ici que parfois, c'est - il me semble - au contraire choisir de ne pas s’écorcher un peu plus. C'est refuser certains prétendus challenges, quitte à ne pas répondre aux standards de la "réussite". Et en cela c'est courageux, car c'est s'exposer au jugement d'une société qui valorise le "surpassement", c'est choisir de se trouver suffisamment "digne", même si on ne répond pas à ce qui est attendu de nous.


Dire "stop", c'est oser "faire face".


En résumé : eh bien tant pis !


Eh bien tant pis ! Tant pis si on ne remplit pas le rôle des super-héros, tant pis si on n'est pas le parent qui est à la fois chef d'entreprise, à la fois hyper-présent-pour-ses-enfants-avec-qui-il-joue-tous-les-soirs-à-Jacques-a-dit, à la fois hyper-sportif, à la fois toujours aimable...


Pour 2021, je vous invite à parfois "laisser tomber", sans culpabilité !

Après y avoir bien réfléchi c'est ce qui sera ma résolution : assumer mes limites pour me libérer de ce qui ne me sert pas, et faire plus de place à ce qui me fait du bien :)


Allez maintenant courage... et laisse tomber !


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